"Si t'es fier de vivre à Montévrain tape dans tes mains!"
... Grand silence dans la salle (bruit de fond: criquets)
... Grand silence dans la salle (bruit de fond: criquets)
Dimanche 1 mars 2009.
En cette dernière journée de vacances, j'étais invitée à passer l'après midi dans la ville de mon pompomboy, connue (ou totalement inconnue pour la plupart des gens normalement constitués) sous le nom de Montévrain. Mon Dieu, rien que ce nom présageait une journée peu ordinaire. Avec un nom pareil j'aurai du m'inquiéter, mais non ! Toute confiante j'ai pris le volant pour visiter ce coin de Seine et Marne introuvable sur ma carte de France (heureusement il y a le GPS et Mappy).
Tandis que les kilomètres défilaient sur mon compteur, je commençais à sérieusement à me demander si je ne m'étais pas plantée de route et que je ne me dirigeais pas plutôt vers la Bourgogne. Mais non, un panneau m'indiqua bientôt que Montévrain n'était plus qu'à quelques kilomètres. Panneau qui il faut le dire était orné d'un sublime tag : « Si Si, 77 » au cas où les voyageurs auraient oublié le département dans lequel ils se trouvaient. Là je commençais à m'inquiéter : dans quel bled paumé allais-je atterrir ? Si les jeunes du coin se mettaient à taguer des panneaux de signalisation routière (panneau planté au beau milieu de nulle part d'ailleurs) c'est que la situation dans ces contrées éloignées était forcément désespérée.
Comme j'avais raison ! J'arrivais enfin à Montévrain. J'avais pris la seule route du village assez large pour permettre à deux voitures de se croiser. Car, comme je le découvris en m'engageant dans les innombrables ruelles où était censée se cacher la maison de Steven, ce hameau n'avait était conçu que pour accueillir des vélos, ou des poneys au grand maximum. Et quel merdier ! Des gamins sur la route, sur des BMX, me coupant la route toutes les trente secondes alors que je rêvais de pouvoir utiliser ma voiture pour me faire un chemin parmi tous ces fichus gamins ! Et puis les dos d'âne du coin, pfiiuu ! A faut pas avoir de problème de dos là dedans ! Ou alors faut avoir un 4X4 pour réussir à les passer correctement. Bref mon arrivée dans ce bled de campagne tenait plus du parcourt du combattant que d'une arrivée normale de personne civilisée.
Heureusement grâce à mon GPS de compète, je trouvais rapidement la maison de Steven. Welcome to the STEVEN'S HOUSE. Je me garais rapidement, bloquant toute la petite rue le temps que je saute de la voiture pour laisser le volant à mes parents (Z'avaient qu'à faire des rues plus larges na !), et allais sonner à sa porte. Il m'ouvrit tout de suite et me fit faire le tour du propriétaire. Avant même de rencontrer son père, je rencontrais son chien, le fameux Newton. Cette petite boule de poil blanche et courte sur patte me plut tout de suite. Avec sa petite tête et ses longs poils de balayette je le rebaptisais Swiffer.
Je découvrais ensuite le reste de la maison, joliment décorer par la maman de Steven. On s'installa ensuite dans sa chambre pour qu'il puisse déballer ses cadeaux d'anniversaire que je lui avais ramenés : un p'tit carton décorer de cartes pokémon parce qu'il a encore une âme d'enfant, une peluche singe parce qu'il est bizarrement obsédé par cet animal, un action man parce qu'il l'a demandé (« Fallait pas réclamer XD »), le tome 3 de Twilight, Moulin Rouge et une carte fait maison (comme d'hab, mais attention! Très bien écrite la carte ! Ca c'est déjà plus rare XD). Et même pas de gâteau dit donc !
Action Man a suscité chez lui un moment d'admiration désespéré. Et oui Steven rêve d'avoir des abdominaux au niveau des côtes et jusque dans les pectoraux. Et surtout il rêve d'avoir les mêmes jambes de caoutchouc. Et ben non ! Pas possible ! Désolée mon grand tu devras te contenter d'être un humain normalement constitué. C'est triste je sais mais c'est la vie.
Après ça je fit le tour de la chambre, et découvris certaine chose étranges : un chapeau de Davy Crockett, un lit bancal sur lequel il faut éviter de s'assoir sur le côté droit si vous ne voulez pas finir par terre et surtout d'étranges gâteaux, plus proches du biscuit pour chien que du gâteau fait pour un être humain. Il m'apprit que c'était ses Scoubiscuits et qu'il les partageait avec son chien Swiffer... Le Steven est vraiment une créature étrange.
Il m'employa ensuite pour relire sa lettre de motivation... C'est là que j'ai découvert que le français n'était que la LV2 de Steven ! Non parce que quand même, pour en arriver à écrire le mot profit comme ceci : profiLT, c'est soit qu'on est un jeune immigré soit qu'on commence juste à savoir écrire son prénom. Enfin bon on lui en veut pas, quand on vit à Montévrain on passe plus de temps dans les champs que sur les bancs de l'école. Bref cette relecture m'a bien fait rigoler. Quand il eut corrigé toutes ses fautes je l'autorisais à prendre un Scoubiscuit pour le récompenser.
Son petit biscuit engloutit, il m'emmena faire le tour de Montévrain Land. Bêtement je décidais de garder mes talons. Grosse erreur. En effet les trottoirs sont en option dans ce village, on a donc pris des chemins improbables pour avancer. Deux heures de marche à pied ont eu raison de mes pauvres petons pour le reste de la semaine. La prochaine fois j'viendrai en basket en jogging !
Mais cette sorties valaient le coup de risquer de devoir se faire amputer des deux pieds. Je crois que j'ai jamais autant ri en un après midi.
On a commencé par traverser une sorte de prairie déserte qui débouchait sur une route. Sur cette route : circulation automobile = 0 ; semblant de vie humaine = 0 moins. On aurait pu planter là un décor de Far West avec une boule d'épines séchées poussée par le vent traversant la fameuse route. Impressionnant. Il me montra ensuite la piscine municipale, c'est-à-dire: le lac du coin. A Montévrain on fait avec les moyens du bord. Pendant que nous faisions le tour de la « piscine » il me raconte l'histoire de la « maison hantée » du village. Apparemment, une très vieille demeure aurait brûlé il y a bien longtemps, entraînant la mort de ses occupant. Des travaux de reconstruction on soit disant étaient entrepris mais aurait tous étaient abandonnés... Ben tiens ! Toujours est-il que c'est dans cette maison que les dix gamins du village se réunissent à chaque Halloween pour jouer les p'tits durs à cuire. Forcément j'ai voulu voir cette fameuse maison ! Et là qu'est ce que je découvre : un Steven mort de trouille ! Monsieur a peur d'un reste de baraque abandonnée ! Bouuh Steven ! Bouh ! Il m'y emmena quand même en me mettant au parfum : « J'te préviens ! Compte pas sur moi pour rentrer là dedans ! » Muahahaha, poule mouillée va. On se mit donc en route pour « the Haunted House of Montevrain City »... Ben avant d'avoir peur faut déjà y arriver à cette fichue baraque! C'est loin ! Et Montévrain c'est pas du tout un bled pour marcheur paresseux ! C'est plein de montées et de descentes interminables et épuisantes ! En haut de la première montée j'étais K.O et pas loin de perdre un ou deux poumons. Heureusement, si il y a au moins une chose bien pensée dans ce foutu hameau, c'est le banc placé en haut de cette montée. Ouf ! Je me jetais dessus, et tout de suite ce petit bout de bois pour marcheur fatigué devint mon endroit préféré et mon meilleur ami du village. Je lui aurai presque crié : « Mon héro ! » tellement j'étais contente de pouvoir m'asseoir.
Mon souffle récupéré on se remit en route. A mi-chemin, un BMX conduit par un gamin à casquette nous dépasser en trombe. Steven m'expliqua qu'il s'agissait de George, la racaille de Montévrain. Muahahaha George XD. Mais quel nom de merde. (N'oublie pas que je veux son autographe Steven !) Quelques minutes après l'avoir croisé, nous tombions sur un petit cours d'eau. Là, dans ce minuscule ruisseau, gisait une poubelle. Encore une œuvre de George la racaille. Ce ruisseau abreuve tout le village, par sa faute, les Montévrinnois (XD deuxième nom de merde) seront à court d'eau potable pendant des mois. Quel fléau ce George !
Après de nouvelles montées interminables, nous arrivions enfin à la maison hantée. Mon Dieu quelle grosse marrade ! Tu parles d'un truc flippant ! Un gros tas de briques en forme de maison, rempli de débris et de planches de bois pourries ! Steven ne s'est pas trop mouillé en me disant qu'il ne rentrerait pas dedans, c'est tout simplement impossible. Les pièces sont remplies de gravats. Le nombre de bouteilles d'alcool étalées sur le sol me fit comprendre que le seul truc un peu effrayant du coin devait être les réunions d'alcooliques anonymes dans la forêt vierge qui sert de jardin à cette ancienne belle maison. C'est tout déçu d'être le seul à avoir peur que Steven me ramena dans le semblant de ville de Montévrain.
Il voulu me faire prendre un chemin étrange qu'il avait appelé « le chemin des bandits ». Grand seigneur, il se fit une épée avec un bout de bois pour pouvoir nous défendre au cas où on se ferait attaquer. Oui le Steven a une imagination débordante. Il joue aux cow-boys et aux indiens, ou à Star Wars quand il est en forme, tout seul, dans sa petite campagne. Je le regardai en riant tandis qu'il se prenait pour un grand chevalier armé d'une belle épée. Oui l'air de Montévrain attaque sévèrement le cerveau. Pas de bol, le « chemin des bandits » a été ravagé par un gros tracteur. Nous dûmes rebroussés chemin car bizarrement traverser une mare de boues avec ce qu'il restait de mes talons ne me tentait pas vraiment. Nous croisâmes Bérengère la laitière qui faisait ses livraisons en Twingo (Twingo achetée grâce aux subventions du village^^).
Après « the Haunted House », il voulut me montrer le centre ville. Appellation contradictoire quand on ne vit pas du tout dans une ville. Centre tout court aurait suffit. Bref, nous fîmes d'abord une nouvelle pause sur mon banc fétiche avant de nous lancer dans cette nouvelle aventure.
Décidément, Montévrain pourrait faire office de ville-fantôme ! Personne dans les rues, des voitures sans conducteurs, et pas un bruit dans les rues. Calme, trop calme. Et puis toujours ces rues pour Minimoys dans lesquelles la conduite demande une préparation psychologique intense avant d'oser prendre le volant. Nous arrivâmes dans le centre. Là l'unique restaurant du coin se dresse fièrement : « Au vieux Théâtre ». Rien qu'au nom et à l'aspect extérieur, on devine que c'est un restau traditionnel qui propose des rations de nourritures datant de la guerre de 14.
Non loin de là, on trouve l'épicerie. Elle est un peu le Carrefour, l'Auchan et le Val d' Europe du coin. Puis vient la place du marché. Place qui n'est d'ailleurs qu'un bout de trottoir pouvant accueillir trois stands au grand maximum. Selon Steven on y trouve : « un poissonnier, un fleuriste et un fromager. Si t'aimes ni le poisson, ni le fromage et qu'en plus t'es allergique aux fleurs t'es dans la merde ». XD
Un peu plus loin, on trouve la maison de George, et derrière la mairie. Là la route s'élargie un peu, permettant le croisement d'une Clio et d'une Twingo.Il est important de préciser que le maire de la commune n'ets autre que Nicolas Hulot. Pas étonnant, avec autant de champ et de forêt aux alentours, il fallait forcément un écolo à la tête du village. Attention, avec une carrière politique pareille, il finira bientôt président.
Steven voulu ensuite me montrer l'école du village. Pour la trouver on passa d'abord devant un immense terrain de foot. Terrain de foot totalement désert car les dix gamins du village ne suffisent pas à le remplir. Enfin, belle initiative de la commune que de vouloir occuper ces jeunes campagnards pour éviter qu'ils n'en soient réduit à jouer aux cow-boys et aux indiens comme le jeune homme qui me servait de guide pour la journée.
L'école primaire est très jolie, très design avec sa petite passerelle en verre de 5 mètres sur 2 totalement inutile. (^_^). Mais le mieux, c'est l'absence de barrière. En même temps mettre des clôtures serait totalement inutile, il n'y a nulle part où fuir à Montévrain.
Non loin de l'école on trouve la bibliothèque. Toute en bois, elle ressemble plus à une maison de bucheron qu'à un lieu de culture. On l'appellera « the Davy Crockett Library » et on dira que l'étrange chapeau de Steven (oui ton chapeau en peau et avec une queue de raton laveur) est un droit d'entrer permettant d'accéder aux deux étagères et aux trois livres du lieu. Livres qui sont : Un exemplaire de Madame Bovary, un Oui-oui et la gomme magique et Le minitel pour les nuls. Ce dernier livre étant indispensable à Montévrain où les ordinateurs n'ont pas encore fait leur apparition. Les seuls minitels du village sont possédés par The Davy Crockett Library et mettent environ 24 heures et 45 minutes pour s'allumer.
Après cette visite complète du hameau, nous prîmes le chemin du retour. Nous passâmes par une route plus fréquentée. Je faillis me faire écraser en oubliant que si elles étaient rares, les voitures existaient quand même à Montévrain. Dans le genre mort à la con, celle-ci aurait pu mériter une palme d'or. « Ecrasée par une Fiat Punto à Montévrain, en plein campagne », la honte. Enfin bref, après ça je constatais que plus on se rapprochait de la sortie de la ville, plus le nombre de voitures quittant Montévrain augmentait. J'en déduis donc que le hameau est sujet à des exodes ruraux et des flux migratoires intenses en direction de la civilisation de villes plus importantes comme Chessy ou Lagny. Ca expliquerait qu'on ne trouve que 800 habitants dans le bled de mon Pompomboy. (^_^)
Nous arrivâmes chez lui avant la nuit, heureusement car la nuit les loups rodent à Montévrain. Pour nous détendre, nous regardâmes the Grudge en mangeant des Scoubiscuit (BONS LES SCOUBISCUITS). Oui ça détend The Grudge ! C'est bien connu ! Désolée pour tous les fans de Sarah Michelle Gellar mais faut quand même avouer qu'elle joue vraiment mal dans ce film. Et en plus elle a un manteau pourri qui lui donne un étrange air de parenté avec le bonhomme Michelin.
Après le film, nous discutâmes encore un peu. Il m'apprit que le bambou qui poussait dans sa chambre était tout à fait fumable. Je lui montrais quelques photos de Russie (oui parce que je suis allée en Russie ! Niark !). Mais mes parents arrivèrent bien vite. Trop vite à mon goût.
C'est donc à 18h55 que mon après midi à Montévrain pris fin, et c'est le sourire aux lèvres que je rentrais chez moi.
Ben ma Banane j'veux juste te redire merci. Des aprèm comme celui là j'en ai pas tous les jours. J'ai beau me moquer de ton village qui a du servir à tourner les épisodes de la p'tite maison dans la prairie, j'l'adore. J'ai vraiment adoré cette journée et j'ai rigolé bêtement toute seule devant mon pc en tapant cet article.
T'as pas idée d'à quel point j'étais heureuse de te voir. Merci pour tout. Journée à refaire (^_^). J't'adore ma banane. <3<3<3<3
"Si t'es fan de George la racaille de Montévrain tape dans tes mains!"
CLAP CLAP!
CLAP CLAP!


